Polémique no-kid : le Défenseur des enfants, Eric DELEMAR, alerte sur des droits « bafoués » et exige un sursaut politique
La polémique dite no-kid n’est plus un simple débat de société. Elle est devenue, aux yeux des institutions, un révélateur politique. Face à la multiplication de lieux, d’événements ou de...
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La polémique dite no-kid n’est plus un simple débat de société. Elle est devenue, aux yeux des institutions, un révélateur politique. Face à la multiplication de lieux, d’événements ou de communications excluant explicitement les enfants, le Défenseur des enfants, rattaché au Défenseur des droits, tire la sonnette d’alarme : ce qui se banalise aujourd’hui constitue une atteinte directe aux droits fondamentaux des mineurs.
Une logique d’exclusion qui change d’échelle
Restaurants, hôtels, transports, espaces culturels, logements touristiques… Le phénomène no-kid s’étend. Officiellement, il s’agit de confort, de tranquillité, d’« expérience client ». Officieusement, une ligne est franchie : l’enfant n’est plus perçu comme un citoyen en devenir, mais comme une nuisance à contourner.
Pour le Défenseur des enfants, le problème n’est pas l’existence ponctuelle de lieux non adaptés aux mineurs, mais la normalisation d’une exclusion assumée, affichée et revendiquée. Une logique qui, à terme, fragilise le principe même d’égalité d’accès à l’espace public.
Des droits pourtant clairement établis
La France est liée par la Convention internationale des droits de l’enfant. Celle-ci garantit à chaque enfant le droit à la dignité, à la non-discrimination et à la participation à la vie sociale. Or, exclure un enfant d’un lieu en raison de son âge, sans motif objectif et proportionné, pose un problème juridique clair.
Le Défenseur des enfants parle désormais de droits « bafoués », estimant que l’inaction politique laisse s’installer des pratiques contraires aux engagements internationaux de la France.
Un signal politique inquiétant
Ce qui alarme le plus l’institution, c’est le silence — voire la complaisance — du pouvoir politique. Aucun cadre clair. Peu de rappels à la loi. Et une tolérance croissante envers des discours qui opposent tranquillité des adultes et présence des enfants.
Résultat : un message implicite envoyé à la société. Celui selon lequel les enfants seraient un problème à gérer plutôt qu’une responsabilité collective à assumer.
Le risque d’un précédent
Aujourd’hui les enfants. Demain qui ?
C’est la question posée en filigrane. Car accepter l’exclusion d’un groupe sur la base de critères généraux ouvre une brèche. Le Défenseur des enfants redoute une dérive progressive vers une société du tri, où l’accès à l’espace commun dépendrait du profil jugé « compatible ».
Un appel clair à un sursaut
Le message est direct : il faut un sursaut politique immédiat.
– rappeler fermement le cadre juridique existant,
– encadrer les pratiques commerciales discriminantes,
– réaffirmer la place des enfants dans la cité,
– et remettre l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur des décisions publiques.
Ce n’est pas une posture idéologique. C’est une alerte institutionnelle.
En filigrane, une question de modèle de société
Derrière la polémique no-kid, se dessine un choix de société. Une société qui accepte l’enfant comme partie intégrante de l’espace commun — avec ce que cela implique d’adaptation et de patience — ou une société qui préfère l’effacer pour préserver un confort immédiat.
Le Défenseur des enfants a tranché. Reste désormais à voir si le politique suivra, ou s’il laissera cette exclusion s’installer comme une norme silencieuse.



