Mobilisation agricole à Épinal : les agriculteurs vosgiens montent au front contre l’accord Mercosur
Ce vendredi, une mobilisation agricole d’ampleur s’est tenue devant la Préfecture des Vosges, au cœur d’Épinal. Plusieurs dizaines d’agriculteurs, venus de différents secteurs du département, ont...
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Ce vendredi, une mobilisation agricole d’ampleur s’est tenue devant la Préfecture des Vosges, au cœur d’Épinal. Plusieurs dizaines d’agriculteurs, venus de différents secteurs du département, ont répondu à l’appel de syndicats agricoles pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Une colère qui s’inscrit dans un contexte national tendu, mais qui prend, dans les Vosges, une résonance toute particulière.
Une contestation ciblée contre le Mercosur
Au centre des revendications : l’accord UE-Mercosur, perçu par le monde agricole comme une menace directe pour les exploitations françaises. Les manifestants dénoncent une concurrence jugée déloyale avec des produits importés d’Amérique du Sud, souvent soumis à des normes environnementales, sanitaires et sociales bien moins strictes que celles imposées aux agriculteurs français.
Viande bovine, volaille, soja ou encore sucre : autant de filières que les professionnels estiment fragilisées par l’ouverture accrue du marché européen. Dans les Vosges, territoire rural par excellence, l’inquiétude est profonde, notamment chez les éleveurs, déjà confrontés à la hausse des coûts de production et à la pression sur les prix.
Une action visible et encadrée
Dès la matinée, tracteurs, banderoles et drapeaux syndicaux ont pris place aux abords de la préfecture. La mobilisation s’est déroulée dans un climat globalement calme, sous la surveillance des forces de l’ordre, avec quelques ralentissements de circulation dans le centre-ville d’Épinal.
Les agriculteurs ont voulu marquer les esprits sans bloquer totalement la ville, privilégiant une action symbolique forte face aux services de l’État. Plusieurs représentants syndicaux ont été reçus afin de faire remonter leurs revendications au préfet, notamment sur la question de la souveraineté alimentaire et de la protection des filières locales.
« On ne peut pas produire français avec des règles européennes et concurrencer des produits qui ne les respectent pas »
Sur place, le discours est clair et sans détour. Les agriculteurs réclament une cohérence politique :
« On nous impose toujours plus de contraintes, mais en parallèle on ouvre le marché à des produits qui ne respectent pas ces règles. C’est économiquement intenable. »
Les syndicats demandent notamment :
- un gel ou un refus pur et simple de l’accord Mercosur,
- des clauses miroirs strictes sur les normes sanitaires et environnementales,
- une meilleure protection des revenus agricoles,
- et une reconnaissance réelle du rôle stratégique de l’agriculture française.
Un malaise agricole durable dans les Vosges
Cette mobilisation n’est pas un acte isolé. Depuis plusieurs mois, le monde agricole vosgien alerte sur une accumulation de difficultés : dégâts de gibier, pression administrative, maladies animales, aléas climatiques et instabilité des marchés. L’accord Mercosur apparaît aujourd’hui comme le symbole d’un ras-le-bol généralisé.
Dans les rangs des manifestants, beaucoup redoutent une accélération des cessations d’activité si aucune réponse politique forte n’est apportée. « On ne veut pas de subventions ponctuelles, on veut pouvoir vivre de notre travail », résume un exploitant présent sur place.
Et maintenant ?
Les syndicats préviennent : la mobilisation pourrait se poursuivre dans les prochains jours, sous d’autres formes, si le gouvernement ne prend pas position clairement. Le dossier Mercosur reste explosif, et la colère agricole, loin de retomber, semble s’installer durablement.
Dans les Vosges comme ailleurs, le message est limpide : l’agriculture locale ne veut plus être la variable d’ajustement des accords commerciaux internationaux.



