Vosges : l’état des routes secondaires suscite de plus en plus d’inquiétudes
Dans plusieurs secteurs des Vosges, des automobilistes tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation progressive de certaines routes secondaires. Chaussées fissurées, nids-de-poule récurrents,...
Dans plusieurs secteurs des Vosges, des automobilistes tirent la sonnette d’alarme face à la dégradation progressive de certaines routes secondaires. Chaussées fissurées, nids-de-poule récurrents, marquages au sol quasiment effacés : pour de nombreux usagers, l’état de ces axes devient une source d’inquiétude au quotidien, notamment lors des déplacements domicile-travail.
Les signalements concernent principalement des routes à faible trafic, souvent situées en zone rurale ou périurbaine, mais essentielles pour relier les communes entre elles. « Ce ne sont pas des routes touristiques ou très fréquentées, pourtant elles sont indispensables pour les habitants », explique un conducteur empruntant régulièrement un axe secondaire du secteur déodatien.
Selon plusieurs professionnels du secteur routier, la situation s’est nettement dégradée après les épisodes de gel et de dégel successifs observés ces derniers mois. L’infiltration de l’eau dans la chaussée, suivie de variations de température, fragilise le revêtement et favorise l’apparition rapide de déformations.
Les routes secondaires, souvent plus anciennes et moins renforcées que les grands axes, sont particulièrement exposées à ce type de dégradations. À cela s’ajoute le passage régulier d’engins agricoles ou de poids lourds, qui accélère l’usure sur des infrastructures déjà fragilisées.
Au-delà de l’inconfort de conduite, certains automobilistes évoquent de réels risques pour la sécurité. Pneus endommagés, suspensions sollicitées, perte d’adhérence par temps de pluie : les conséquences peuvent être lourdes, en particulier pour les deux-roues et les véhicules légers.
« La nuit ou par mauvais temps, certains trous sont difficilement visibles. Il faut parfois zigzaguer pour les éviter », confie un habitant d’une commune rurale, habitué à emprunter ces routes quotidiennement.
Face à ces alertes, les collectivités locales reconnaissent des marges de manœuvre limitées. L’entretien du réseau secondaire représente un coût important, dans un contexte budgétaire contraint et avec un linéaire routier conséquent à gérer à l’échelle départementale.
Les services techniques rappellent que les réparations sont souvent réalisées par priorisation : sécurisation immédiate des zones les plus dégradées, puis programmation de travaux plus lourds lorsque les conditions météorologiques le permettent. Les interventions d’urgence, notamment en hiver, restent cependant temporaires.
Le conseil départemental indique que des campagnes de réfection sont généralement planifiées au printemps et à l’été, périodes plus favorables à des réparations durables. Reprise des enrobés, renforcement des accotements, réfection du marquage : plusieurs chantiers devraient être engagés progressivement sur le réseau secondaire.
En attendant, les usagers sont invités à signaler les dégradations les plus dangereuses via les canaux officiels, afin de permettre une intervention rapide lorsque la sécurité est en jeu.
L’état des routes secondaires soulève plus largement la question de la mobilité dans les territoires ruraux. Pour de nombreux habitants des Vosges, ces axes représentent des liaisons vitales, là où les alternatives en transports en commun restent limitées.
Entre attentes des usagers, contraintes techniques et réalités financières, l’entretien du réseau secondaire demeure un défi majeur pour les collectivités, appelé à s’intensifier dans les années à venir face aux effets du vieillissement des infrastructures et des aléas climatiques.



