Les agriculteurs des Vosges montent à Bruxelles contre l’accord UE–Mercosur
La contestation agricole prend de l’ampleur ce jeudi avec un départ remarqué depuis les Vosges. Environ soixante agriculteurs vosgiens ont pris la route en direction de Bruxelles afin de...
La contestation agricole prend de l’ampleur ce jeudi avec un départ remarqué depuis les Vosges. Environ soixante agriculteurs vosgiens ont pris la route en direction de Bruxelles afin de rejoindre une mobilisation d’envergure européenne. Leur but est clair : dénoncer le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont le sort doit être examiné lors du Conseil européen.
Depuis plusieurs jours, des délégations agricoles venues de nombreux pays de l’Union convergent vers la capitale belge. Aux abords des institutions européennes, plusieurs centaines de manifestants sont déjà présents. Les organisateurs espèrent une montée en puissance rapide du mouvement, avec la participation de plusieurs milliers d’agriculteurs, afin d’exercer une pression directe sur les décideurs politiques.
Au centre des revendications, la question de la concurrence jugée inéquitable. Les manifestants pointent du doigt l’importation de produits agricoles sud-américains, en particulier la viande bovine et la volaille, produits selon des normes qu’ils estiment moins strictes sur les plans environnemental, sanitaire et social. Une situation qui, selon eux, fragilise encore davantage des filières européennes déjà sous tension.
Cette mobilisation s’inscrit dans un climat agricole particulièrement tendu en France. La colère reste palpable après les récents épisodes liés à la gestion sanitaire des élevages, notamment autour de la dermatose nodulaire contagieuse. Face aux inquiétudes, les autorités ont annoncé un renforcement des campagnes de vaccination dans le Sud-Ouest, visant la protection de 750 000 bovins supplémentaires, avec le soutien de vétérinaires militaires mobilisés en renfort.
À Bruxelles, les attentes sont fortes. Pour les agriculteurs vosgiens comme pour leurs homologues européens, ce déplacement dépasse le cadre symbolique. Il s’agit, selon eux, de défendre un modèle agricole européen menacé par des accords commerciaux conclus sans garanties suffisantes pour assurer la pérennité économique des exploitations.



