Inflation : malgré l’accalmie annoncée, le pouvoir d’achat reste sous pression
Même si le mot « inflation » est moins présent dans les annonces officielles qu’il y a quelques mois, la réalité du quotidien reste tendue pour une grande partie des ménages. La hausse rapide des...
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Même si le mot « inflation » est moins présent dans les annonces officielles qu’il y a quelques mois, la réalité du quotidien reste tendue pour une grande partie des ménages. La hausse rapide des prix s’est peut-être stabilisée, mais les niveaux atteints, eux, se sont installés. Et c’est précisément là que la pression persiste.
Des prix qui ne redescendent pas
Pour de nombreux consommateurs, le sentiment est le même : les prix ont augmenté… et ne sont jamais revenus en arrière. Alimentation, carburant, énergie, assurances, abonnements : même lorsque les hausses ralentissent, les montants payés chaque mois restent élevés.
Dans les supermarchés, les habitudes changent. Les achats sont plus ciblés, les marques alternatives privilégiées, et certains produits autrefois courants deviennent occasionnels. Ce n’est pas une crise ponctuelle, mais une réorganisation durable de la consommation.
Des salaires qui peinent à suivre
Si certaines revalorisations salariales ont eu lieu, elles restent souvent insuffisantes pour compenser l’ensemble des hausses subies. Résultat : le pouvoir d’achat réel continue de s’éroder, en particulier pour les foyers modestes et les classes moyennes.
Les augmentations perçues sont souvent absorbées par :
- les charges fixes (logement, énergie, assurances),
- les dépenses contraintes,
- et les ajustements successifs des tarifs.
Pour beaucoup, il ne s’agit plus d’améliorer leur niveau de vie, mais simplement de maintenir l’équilibre.
Des arbitrages de plus en plus visibles
Face à cette pression, les ménages font des choix. Loisirs réduits, reports de projets, achats différés, vigilance accrue sur chaque dépense. Le budget devient un exercice d’anticipation permanente.
Les professionnels observent également ces changements : fréquentation plus irrégulière, paniers moyens plus faibles, décisions d’achat plus longues. L’économie ralentit non par manque d’envie, mais par manque de marge financière.
Une inflation devenue « silencieuse »
Contrairement aux périodes de hausse brutale, la situation actuelle est plus insidieuse. Les prix n’explosent plus, mais continuent d’user le budget mois après mois. Cette inflation dite « installée » est souvent plus difficile à vivre, car elle ne provoque pas de choc immédiat, mais une fatigue financière progressive.
C’est aussi ce qui explique un climat social plus tendu : la sensation de travailler autant, voire plus, pour un niveau de vie qui ne progresse plus.
Des aides ciblées, mais un sentiment d’insuffisance
Les dispositifs de soutien existent, mais ils sont souvent perçus comme ponctuels ou trop ciblés. Beaucoup de ménages se situent juste au-dessus des seuils d’aide, sans pour autant être à l’aise financièrement.
Cette zone intermédiaire, très large, concentre aujourd’hui une grande partie du malaise lié au pouvoir d’achat.
Une inquiétude tournée vers l’avenir
Au-delà de la situation actuelle, c’est l’incertitude qui pèse. Les ménages s’interrogent sur leur capacité à absorber de nouvelles hausses, à faire face à un imprévu ou à préparer l’avenir.
Dans ce contexte, la prudence domine. Et tant que les revenus n’évolueront pas plus vite que les dépenses contraintes, la pression sur le pouvoir d’achat restera une préoccupation centrale, bien au-delà des indicateurs macroéconomiques.



